Travailler dans une station Total

urlm.in/sxsf
urlm.in/sxsf

Les étudiants engagés chez Total bénéficient d’une formation pour apprendre à tenir une caisse et à gérer les stocks lorsqu’ils commencent à travailler en magasin pour la première fois.

Après trois jours de travail, j’ai dû arrêter pendant deux semaines, suite à cette histoire.

J’ai néanmoins eu le temps de bénéficier de deux jours de formation avant de commencer, ils étaient payés. Seulement, deux jours ne sont pas suffisant pour tenir une caisse seul, face à des clients souvent pas contents de la lenteur et des erreurs de calculs. Après, ce sont les patrons qui ne sont pas contents, pour les erreurs de calculs. Surtout que lorsqu’on étudie le journalisme, c’est pour éviter les maths, normalement.

En magasin, il fallait toujours faire bien attention à respecter les dates de péremption, et montrer d’abord ceux qui périment le plus tôt. Ceci est d’une logique implacable, mais lorsqu’on doit le faire, on a tendance à se montrer fainéants.

Les étudiants forment un grand pourcentage de l’équipe, pendant l’année et pendant les vacances. Ils travaillent généralement dans la même boîte depuis plusieurs années. C’est plutôt bien payé et le travail est parfois calme. Parfois, d’autres fois, il peut être très fatiguant, et dur à gérer. C’est le cas notamment lorsque les clients sont nombreux à profiter des services d’un magasin ouvert 24h/24, 7 jours/7.

Néanmoins, l’ambiance entre étudiants est bonne enfant, et solidaire.

Les employés embauchés les plus récemment sont également très compréhensifs. Les plus anciens connaissent leur travail, nous aiguillent, et se montrent plutôt comme des parrains, qui veulent nous apprendre à bien travailler.

Tout comme chez Bpost, les employés sont des personnes qui n’ont généralement pas de diplômes supérieurs. Certains n’ont pas de diplômes secondaires. Ils passent de petits boulots en petits boulots qui se ressemblent, sans vraiment se poser nul part.

Dans les secrets de la boîte, tout nouvel employé a droit à un tour sécurité, réalisé par un autre employé. Il nous guide et nous explique les marches à suivre en cas d’accident, de braquage ou autre. J’ai testé la sécurité en cas de braquage, c’était loin d’être au point. Depuis, il y a eu une bonne évolution pour éviter que cela ne se reproduise.

Certains employés ont mieux retenus que d’autres ces mesures. Comme à l’école, ca entrait d’une oreille, et sortait de l’autre. Selon moi, le groupe Total aurait besoin d’un chargé de communication interne pour rendre ce tour obligatoire plus amusant.

Ensuite, il y avait aussi les problèmes d’horaire. Ils changent tout le temps, presque tous les jours. Comme ils nous étaient demandés, nous, employés, donnons nos disponibilités. Comme si nous étions les profs, ca rentre d’une oreille, et ca sort de l’autre. Ainsi, on découvre souvent que l’horaire change du jour au lendemain, sans prévenir les personnes concernées et après il y a des problèmes de relèves. Il y a aussi les étudiants qui retournent sur les bancs de l’université, tous à la même date, et pourtant, ils reçoivent des jours à prester à la station.

Je me rappelle qu’après une petite semaine de congé, je devais reprendre le travail un dimanche. Le boss m’appelle à 5h du matin le samedi. Incapable de prendre le téléphone, situé à deux mètres de moi, j’ai seulement pu levé un œil d’alcoolique, et me rendormir profondément une dernière petite heure.

Me rendant au travail le jour convenu, je me rends compte que quelqu’un d’autre est à mon poste. Une semaine plus tard, en en parlant avec le collègue que j’étais censé relever, je découvre que l’horaire avait été changé du jour au lendemain, la veille. Je n’avais donc pas été prévenue de ce changement.

Ces situations sont fréquentes et les changements d’horaire aussi.

Cela vient se compliquer avec les voyageurs allemands, polonais, russes, roumains, chinois et autres qui viennent traverser notre petite Belgique sans s’arrêter pour visiter. Les langues communes de toute l’équipe se limite à l’anglais, français et néerlandais. J’ai pu rajouté une touche de roumain.

Malgré ces difficultés avec certains clients, d’autres rigolent, sourient. Ils apportent du réconfort.

Advertisements